Le tissu économique Limousin
Le tissu des PME limousines est à la fois sa chance et son handicap. Nous n’avons pas vraiment d’activité dominante dans la Région donc nous ne sommes pas soumis au cycle de l’automobile comme à Montbéliard, de l’aéronautique comme à Toulouse et tout le Midi-Pyrénées, ou de cycles touristiques avec de bonnes ou mauvaises années. L’atomisation de beaucoup de PME répartit le risque et en période de crise, nous avons tendance à nous en sortir mieux que les autres. C’est aussi un inconvénient car en période de forte activité, nous sommes pénalisés par l’insuffisance de locomotives économiques qui pourraient entrainer la région.
Deuxième élément handicapant, nous n’avons que 79 entreprises qui ont plus de 100 salariés. C’est une difficulté à plus d’un titre. Ces entreprises sont relativement peu structurées et sont peu présentes à l’export. Aujourd’hui le Limousin exporte entre 1 et 2% du PIB Français. Ce qui ne représente que 0,45% des exportations françaises. C’est bien sûr très insuffisant. Autre difficulté, liée à la petite taille de nos entreprises, nous avons beaucoup de mal à trouver des stages de haut niveau pour des étudiants de niveau Bac plus 5 ou des doctorants, des difficultés pour les étudiants qui recherchent des postes de cadres et c’est sans doute le handicap de cette région.
Aujourd’hui cette desserte fine du territoire est un enjeu majeur pour les entreprises
A court terme, notre challenge est le rapprochement des entreprises, leur développement, la mutualisation de leurs moyens, l’optimisation de leur capacité d’embauche de cadres et obtenir des perspectives financières et industrielles suffisantes en matière d’exportation car le marché intérieur français ne pourra pas être le moteur de l’économie locale.
L'enclavement
L’aspect routier, aujourd’hui, est une priorité, il faut que les accès à Poitiers et à Nantes bénéficient d’une nouvelle configuration. Le futur axe Poitiers Limoges doit devenir «l’arête» qui permettra d’aller polariser une population de plus de 400000 habitants. De même la connexion TGV en moins de 30 minutes va rapprocher Limoges et Poitiers. Cette action mettra également Limoges à deux heures de Paris.
Troisième volet : l’aérien. C’est un domaine dans lequel la CCI est très impliquée puisque nous sommes les gestionnaires de l’aéroport Limoges Bellegarde. Je me réjouis que nous ayons fait le choix, il y a 8 ans des compagnies low-cost qui aujourd’hui représentent 79% du trafic. Nous devons revoir la desserte Limoges Paris, c’est l’occasion de mener une réflexion sur la pertinence de la destination et le choix de l’opé-rateur.
Outre Paris les destinations de Nice, Lyon voir Madrid et Milan sont des challenges même si en 2017 l’arrivé du TGV modifiera sans doute les habitudes et notamment la destination sur Paris.
Impact du transport routier en Limousin
Il est à la fois excessif et insuffisant. Excessif parce qu’il est essentiellement constitué par un transport de transit. Insuffisant car il ne procure aucune valeur ajoutée. Nous pensons qu’il est indispensable de créer une plateforme logistique, au sens moderne du terme, pas simplement un terrain où l’on peut garer des camions mais avec des services et des activités de transformation sur place.
Le transport local
 |
| Les principaux secteurs industriels en fonction de l'effectif des salariés |
Il est primordial d’avoir un maillage local et ce maillage est d’autant plus important qu’il correspond à une caractéristique que l’on a évoquée plus haut : la dispersion des activités économiques. Ainsi par exemple, la société Stimeca à Mézières-sur-Issoire nous dit : «je n’ai aucun transporteur qui vient me desservir, je ne suis sur aucun itinéraire». Avec 40 personnes, seule entreprise industrielle dans ce secteur, elle n’a aucune perspective d’avenir et de développement voire même d’assurance de pouvoir rester sur place si elle ne bénéficie pas de prestations de transports adaptées.
Aujourd’hui cette desserte fine du territoire est un enjeu majeur pour les entreprises. Autre cas d’école, Sofrance, filiale du groupe Safran à Nexon ou bien Fabrègue, deuxième imprimeur français avec 500 personnes à Saint-Yrieix, avec la première autoroute à 30 km et la route de Limoges (40 km) qui n’a pas connu la moindre amélioration depuis 30 ans, sont tributaires de la qualité de ce maillage. Ces entreprises n’existent qu’à travers un service de transport routier de proximité et personne ne le remplacera jamais. C’est structurant pour une région aux activités très disséminées.
E-commerce
L’e-commerce est important pour la Région. Il est certain que les éléments évoqués plus haut pour les entreprises sont aussi valables pour les particuliers et particuliè-rement dans les zones très peu habitées de certaines parties de notre région. Par exemple, le canton de Sornac ne compte que 2 habitants au kilomètre carré. L’e-commerce est une chance pour le Limousin. Pour des commerçants, des entrepreneurs, seuls les jeunes qui s’installent intègrent la dimension de l’e-commerce dans leur business plan. Ceux qui sont installés depuis plus longtemps sont plus frileux. C’est un problème de culture et d’éducation.
La Région Limousin a crée le réseau DORSAL qui a pour but de doter le territoire d’une boucle de haut débit. C’est un effort considérable qui apporte une bonne réponse aux besoins des entreprises. De même, la CCI conduit une action importante dans ce sens et dès 2010, l’ensemble des commerçants se verra proposer à la fois un logiciel d’e-commerce à l’initiative de la CCI, associé à un plan de formation indispensable à cette nouvelle activité. Ce n’est pas simplement le marché local qui portera l’économie locale dans les années à venir. L’offre e-commerce est un élément indispensable de tout offreur au moins pour le commerce de service et au plan industriel.
Les projets d’avenir de la CCI
Consolider la desserte aérienne, finaliser le projet du TGV, sans ces deux éléments, il n’y pas d’avenir pour cette région. J’ai plaisir à dire, que pour la première fois une unanimité existe entre le monde politique et le monde économique.
Il faut bien faire comprendre aux limousins qu’ils ne sont plus dans une économie protégée, un État protégé et une région protégée. Aujourd’hui leurs concurrents viennent du monde entier et il ne faut pas avoir de complexe à être les concurrents du monde entier. Le désenclavement doit motiver nos entreprises et changer les mentalités comme a commencé à le faire l’arrivée des anglais grâce aux compagnies aériennes low-cost. Les anglais qui ont trouvé le bonheur en Limousin ont ouvert les yeux des limousins qui pensaient leur région vieille, pauvre et malade.
Une étude parue dans L’Express a conclu que le Limousin était la région où on vit le plus heureux en France. Il faut qu’on vende du bonheur dans cette région. Ce qui se fait dans le bonheur est forcément mieux fait que ce qui se fait dans le malheur.
Pour en savoir plus sur la CCI de Limoges : www.limoges.cci.fr